Extraits de article Marseille dans la série Les villes blanches publiée dans le Frankfurter Zeitung en 1925. (in Croquis de voyage éditions Points aventures)
C’est ici que la grande révolution fut accueillie dans l’allégresse, ici qu’elle trouva sa seconde patrie, son texte et sa mélodie.Extraits de article Marseille dans la série Les villes blanches publiée dans le Frankfurter Zeitung en 1925. (in Croquis de voyage
Toutes les heures un bateau entre dans le port; une vague sur dix jette des étrangers sur le rivage, comme elle fait avec les poissons.
Chacun bat la mesure de la ville, traduit dans sa propre langue la musique de la vague.
Chacun traîne son pays à la semelle de ses chaussures et le transporte ainsi jusqu’à Marseille.
Sur tous les peuples la même porcelaine bleue fait une voûte dans le ciel. La mer les a tous portés sur son dos large et chancelant.
La ville est blanche et brille dans la même pierre que le château des troubadours aux Baux (…) Mais on ne fait pas la fête, c’est une ville active, une ville qui renferme des millions d’existences brisées.
Les époques se présentent ici comme si l’on était à l’étroit dans les vastes espaces de l’éternité. Celui qui ne croit pas en Dieu devine ici la présence d’on ne sait quelle force inconnue occupée à pousser les siècles en avant dans le caractère anarchique des migrations.
Tandis que j’écris ceci, déjà Marseille a changé de visage et ce dont je parle à l’aide de mille mots n’est qu’une fine goutte dans la mer du destin. Impossible de la voir à la pointe étroite de ma plume.
